19 novembre 2005
» Melvin Burgess

MELVIN BURGESS ET LA LITTERATURE POUR JEUNES ADULTES, à travers Junk et Lady, ma vie de chienne, mémoire de Rachel Pujol, sous la direction de Monsieur Jean-Pierre VOSGIN, Juin 2003, MEDIAQUITAINE - Université Montesquieu Bordeaux IV et IUT - Université Michel de Montaigne Bordeaux III - (publication initiale avril 2004 sur le précédent site)
Introduction
Le parcours littéraire de Melvin Burgess, qui écrivit dans un premier temps pour les pré-adolescents, et qui se consacre désormais à des romans pour les Jeunes adultes de quinze ans et plus, reste hors du commun de par son originalité et son point du vue du monde des adolescents d’aujourd’hui.
Souvent Controversés, ses deux romans Junk et Lady, ma vie de chienne, font partie de ce que l’on appelle en France " les romans dérangeants ".
Et si les jeunes adultes de notre temps se reconnaissaient dans ces personnages insolites ? Et si cette vague de romans dérangeants n’était que le reflet de ce que vivent certains adolescents ? Et si ces auteurs qui écrivent pour les jeunes adultes, avaient décidé de ne pas mentir au " peuple adolescent " en écrivant des romans qui retracent leur vie quotidienne et le parcours initiatique de chacun d’eux ?
Quel l’accueil fait-on à cette " Nouvelle Littérature Contemporaine " en France ? La reconnaît-on ?
Y-a-t’il une Littérature de jeunesse destinée aux Jeunes adultes ? D’où vient—elle ?
A-t-elle une identité propre ? Comment se définit-elle ?
Peut-on parler d’un " Nouveau Courant Littéraire " dans le roman ?
Quels sont les auteurs représentatifs de cette littérature pour les 15-25 ans ?
Quels sont les éditeurs qui créent une collection spécifique pour ces jeunes-là ? Quels sont leurs objectifs ? Sont-ils sincèrement convaincus de l’existence d’une Littérature avant-gardiste qui fait ses premiers pas en France ?
I MELVIN BURGESS - Auteur pionnier en Littérature pour Jeunes Adultes
A ) Biographie
Melvin Burgess, issu d’une famille de la Middle Class, est né le 25 avril 1954 à Twinckenham, dans le Middlesex.
Il grandit à Itfield, dans le Sussex. Gamin terriblement rêveur, il dit avoir été " Un enfant très timide, aimant se réfugier dans ses rêves ". De fait, l’école devient un véritable échec et le milieu enseignant le considère très vite comme un mauvais élève.
Quelques années plus tard, il passe le Eleven Plus, examen de passage en Grande Bretagne, dont il explique les conditions d’accès, en ses propres termes : " Si vous étiez un bon élève, vous alliez à Grammar School, mais si vous étiez au contraire, un mauvais élève, vous vous retrouviez au Secondary Modern School, pour apprendre un métier de vos propres mains. " Melvin Burgess, élève médiocre, se retrouve pieds et poings liés, au Secondary Modern School qu’il qualifie de "très mauvais souvenir"…
Puis, lorsqu’il atteint ses douze ans, ses parents déménagent à Reading, dans le Berkshire. Il intègre alors une nouvelle école, qui est de loin, beaucoup plus compréhensive que la précédente. Il y rencontre également de bons professeurs qui le félicitent pour sa capacité à la création artistique littéraire. Melvin Burgess prenait plaisir, dés son plus jeune âge, à écrire des rédactions littéraires où il avait généralement de bonnes notes.
Enfin, il quitte le monde de la scolarité à 18 ans. Jusqu’à aujourd’hui, jamais il ne cachera son soulagement : " La vie me fut rapidement meilleure ".
Pendant les quelques mois qui suivirent l’abandon de sa scolarité, Melvin Burgess se demande vers quel métier il va bien pouvoir se tourner pour gagner sa vie.
Son père, le voyant complètement démuni face à la recherche d’un emploi, lui trouve un stage de formation d’une durée de six mois dans un journal local, à Cardiff. Il fait donc ses premiers pas dans le journalisme…
Au terme de son stage, Melvin Burgess réalise qu’il ne désire pas devenir journaliste mais bien écrivain et qu’aucune autre carrière ne saurait le satisfaire.
En attendant de gagner sa vie avec ses livres, il travaille occasionnellement dans les métiers du bâtiment, mais également dans l’imprimerie.
A 21 ans, il déménage à Bristol1 où il vit dans le quartier Saint Paul qu’il qualifie comme étant " Un quartier formidable pour y apprendre à vivre, avec beaucoup de nationalités diverses et un extraordinaire mélange des cultures : " A big racial with a cultural mix " ". De cette période, il dit avoir beaucoup apprit sur la vie et que c’est à Saint Paul qu’il prit véritablement goût à la vie. Il ne nie pas pour autant les problèmes sociaux du quartier dans lequel il vécut : " Il y avait le chômage, les drogues et des tas de gens intéressants qui en bavaient ; beaucoup de crime, beaucoup d’idéal et beaucoup de politique de gauche. "
C’est bien au travers du vécu de son frère, drogué et décédé, que Melvin Burgess fait définitivement connaissance avec la culture junkie2 dont il parle dans son livre Junk…
Il commence à écrire sérieusement, alternant petits boulots et périodes de chômage… parfois prolongées… volontaires de sa part mais en aucun cas subies… cela lui permettait d’avoir du temps pour écrire.
Parlant de son expérience et de son métier d’écrivain, il raconte ceci : " Je me suis arrangé à naviguer à l’écart des aiguilles et de toutes les substances qui créent de graves dépendances. J’étais un observateur. Les journalistes sont des observateurs ; les romanciers aussi. Quand vous êtes journaliste, vous arrivez à dire des tas de mensonges en disant la vérité ; le romancier dit un paquet de mensonges pour arriver à la vérité. "
A 35 ans, il quitte Bristol et part vivre à Londres où il ouvre une fabrique de marbre avec un associé. Il continue, en parallèle, à écrire des nouvelles et des fictions pour enfants.
Enfin, son premier ouvrage " Le cri du loup " ( the cry of the wolf ) est publié par Andersen Press en 1989.
Il vit actuellement à Manchester 3 dans le Lancashire, avec sa femme Judith et son fils Oliver. Il a également une fille du nom de Pearl, qui vit avec sa mère à Odessa, en Ukraine.
B) Bibliographie
Par ordre chronologique de parution en Grande Bretagne et en France
1°) The cry of the wolf, Andersen Press, 1989
The cry of the wolf, Penguin, 1991
Le cri du loup 1, Pocket Junior, coll. SOS planète, 1996
Premier ouvrage de Melvin Burgess publié par Andersen Press, en 1989.
Dans le sud de l’Angleterre, vivent encore des loups. Ben Tilly, dix ans, chasse des rats d’eau au bord de la rivière. Passe alors un chasseur, à qui il révèle l’existence des loups dans la région. Ben Tilly vient de commettre une grave erreur : Le chasseur en question est un fanatique de première classe et compte bien exterminer tous les loups… un duel sanglant s’engage alors, entre cet homme complètement fou et assoiffé de sang… et les loups.
C’est un roman qui rappelle à l’ordre l’être humain en ce qui concerne l’indispensable prise de conscience des hommes face à la fragilité de l’équilibre des espèces. C’est un conte écologique, pourrait-on dire, et d’actualité puisque le loup tend à reprendre en Europe Occidentale sa place que des siècles de massacres lui ont ôtée.
2°) An angel for May, Andersen Press, 1992
An angel for May, Puffin, 1994, 2002
Une promesse pour May 2, Gallimard jeunesse, coll. Folio junior n°1119, 2001
Tam, dont les parents viennent de divorcer, jongle entre la dépression de sa mère, les visites chez son père et les rendez-vous chez l’assistante sociale. Pour échapper à cette vie quotidienne pleines de soucis, Tam aime se réfugier dans une ferme en ruines, à l’écart de la ville. Là, Il y rencontre une vieille mendiante et son chien. Ce chien semble connaître Tam…
Voulant les suivre tous deux, Tam va se retrouver dans un espace temps qui le téléporte en pleine Seconde Guerre Mondiale, dans cette même ferme en exploitation. Il y rencontre May, une étrange petite fille, recueillie par un fermier. Ils deviennent amis. Mais Tam devra bientôt rentrer chez lui et retourner à l’époque d’où il vient. Pourra-t-il tenir la promesse faite à May ? Ce roman est un étonnant voyage entre rêve et réalité… presque un conte…
3°) Burning Issy, Andersen Press, 1992
Burning Issy, Hodder Headline, 1993, 1996
Burning Issy, Puffin, 2002
Isa, la sorcière 3, Hachette Jeunesse, coll. Senior n°673, 1998
Isa est orpheline. Un brave homme, guérisseur de profession, la recueille et l’adopte. Isa rêve toutes les nuits qu’elle brûle. Elle ne sait ni qui elle est, ni d’où elle vient. Il devient vite évident qu’en complément de ses cauchemars, elle possède de véritables pouvoirs magiques qui se manifestent en elle. Nous sommes au XVII ème siècle, en Angleterre… Et commence une impitoyable chasse aux sorcières. Les villageois la soupçonnent très vite d’être une sorcière. Elle ne peut pas se permettre de mettre en péril les siens alors elle s’enfuit loin de son village et de son foyer pour protéger sa famille adoptive. Arrêtée, elle s’évade mystérieusement et sur la route, rencontre une étrange inconnue qui semble tout savoir d’elle. Isa fait toujours ces fameux cauchemars… cette femme l’aidera à découvrir la clé de son passé qui la délivrera.
Chasse aux sorcières au XVIIème Siècle en Angleterre
4°) The baby and fly pie, Andersen Press, 1993
The baby and fly pie, Puffin, 1995
La déroute,4 Gallimard jeunesse, coll. Frontières n°14, 1999
Londres, fin du millénaire, capitale européenne ressemblant plus à une mégapole sud-américaine. Vision apocalyptique d’un Londres misérable. Trois enfants des rues, Davey et son copain Sham, ainsi que sa sœur Jane, survivent comme ils peuvent, dans le monde des décharges publiques gérées par des adultes sans scrupule, tel que la mère Shelly. Tous trois découvrent un bébé volé par un gangster mourant qui demandait en échange de l’enfant, une rançon de dix sept millions de livres sterling. Ils apprennent avec stupéfaction, que le nourrisson appartient à une famille aisée… Jane souhaite rendre le bébé à ses parents en espérant être récompensée, pour enfin se sauver de toute cette misère dans laquelle elle survit. Sham refuse catégoriquement. Une course poursuite hallucinante commence alors, entre les trois enfants des rues et les forces de l’ordre à travers tout le pays car pour les autorités, les adolescents des rues ne sont rien d’autre que de la vermine à exterminer. Sous l’insistance de Jane, Sham cèdera et ils décideront de rendre le nourrisson à ses parents.
La fin sera cruelle et sans appel : " La fin brutale, tombe telle un terrible couperet, nous laissant épuisés, essoufflés, admiratifs et inquiets : et si Melvin Burgess était un visionnaire. " (site Internet de Citrouille). Dans cette société décrite par Melvin Burgess, où il n’y a que violence et pauvreté, l’honneur dont font preuve Jane et ses amis n’est en aucun cas une vertu défendable. Ce conte noir, voire documentaire, évoque une réalité sociale bien cruelle pour des jeunes adolescents : vision apocalyptique.
5°) The earth Geant, Andersen Press, 1995
The earth geant, Puffin, 1997
La géante 5, Gallimard jeunesse, coll. Folio junior n°) 1032, 2000
Peter et sa petite sœur Amy sont réveillés en pleine nuit par une terrible tempête. Une tempête qui détruit tout sur son passage. Peter et Amy sont à la fois inquiets et fascinés. Le lendemain, Amy, complètement envoûtée et guidée par une force surnaturelle, se retrouve devant un grand chêne dont les racines sont à ciels ouverts. Elle s’y précipite, tout en déblayant la terre au pied de l’arbre déraciné. Là, elle découvre une étrange créature : une géante. A force de caresses, le corps de la géante, lentement, se réchauffe et Amy réussit à la délivrer de son long sommeil. Commence alors la découverte de l’autre, et le début d’une amitié secrète et menacée. Amy s’échappe régulièrement de chez elle en cachette et part retrouver son amie la géante. Amy, pourra t-elle garder ce lourd secret longtemps ?
Récit fantastique et onirique traitant de manière réaliste la tolérance et la différence de l’autre.
6°) Loving April, Andersen Press, 1995
Loving April, Puffin, 1996
Un été au bord du fleuve6, Gallimard jeunesse, coll. Page blanche, 1994
Angleterre des années 1930. April Dean, jeune fille devenue sourde par accident dans sa petite enfance est élevée par sa mère à la campagne. April se découvre une passion pour les oiseaux, notamment les cygnes, qu’elle capture. C’est une jeune fille très jolie qui suscite beaucoup de convoitise auprès des jeunes du village qui n’hésitent pas à la malmener sans aucun scrupule. La tranquillité de April se voit soudain gâchée par la venue de deux citadins : Tony et sa mère Barbara, une riche bourgeoise abandonnée par son mari, celui-ci préférant sa jeune amante. Ils sont contraints de vivre à la campagne dans une pauvreté totale depuis que le père les a quitté. Habitués à vivre dans le luxe, Barbara et Tony sont incapables d’assumer le manque d’argent. Tony et April vont se rencontrer, s’apprécier, et vont apprendre à partager leurs univers si différents. Petit à petit, Tony tombe sous le charme de cette sauvageonne et de leur camaraderie naît un grand amour délicat et secret. Mais ce premier grand amour se retrouvera confronté aux contraintes sociales qu’ils croyaient tous deux pouvoir surmonter grâce à la liberté et la force de leur amour.
C’est aussi l’histoire de personnages qui se croisent, et s’enrichissent mutuellement avant de repartir vers leur destin. Le lecteur voit évoluer les personnages positivement.
7°) Junk, Andersen Press, 1996
Junk, Penguin, 1997
Junk, Gallimard jeunesse, coll. Frontières n°6, 1998
Junk 7, Gallimard Jeunesse, coll. Scripto, 2002
Junk, Gallimard Jeunesse, Hors série Littérature, 1998
Roman à partir de 15 ans
8°) Tiger tiger, Andersen Press, 1996
Tiger tiger, Puffin, 1998
L’esprit du tigre 8, Gallimard jeunesse, coll. Folio junior n°1005, 1999
Dans les collines sauvages des Yorkshire Dales, se trouve une réserve naturelle qui n’abrite que des fauves : des tigres de Sibérie. Le directeur du parc animalier, Nicky Abbot, et sa femme Sheila, sont au bord de la faillite. Ils sont surendettés. Ils décident tous deux de vendre les tigres de Sibérie à la triade chinoise notamment à Lee Yung, un des chefs de la triade, qui leur donnera en échange une belle petite fortune. Dans la médecine chinoise, les organes et les os de tigre possèdent des vertus thérapeutiques et Lee Yung est atteint d’un cancer. Il pense donc que ces tigres sont la seule solution en ce monde pour qu’il survive. Entre temps, un jeune garçon de douze ans, Steve, qui habite non loin de la réserve naturelle, va souvent se promener. Il est fasciné par les tigres, mais tout particulièrement par Lila, une magnifique tigresse qui l’a envoûté de son regard étrange. Cette tigresse semble être différente et plus intelligente que les autres. C’était un jour comme les autres et Steve avait décidé de rendre visite aux tigres. En admiration devant Lila, il se fait aborder par un inconnu qui lui demande le nom de cette tigresse. Steve ne sait pas qui est cet homme… Lee Yung compte se l’approprier car elle seule peut le guérir de son cancer… il a reconnu en elle " l’esprit du tigre "… En effet, Lila, la jeune tigresse a des pouvoirs surnaturels et peut se métamorphoser en jeune fille. La nuit suivante, tous les tigres de la réserve sont massacrés, mais Lila et deux de ces compagnons, réussissent à s’enfuir. La disparition des trois tigres dans la nature affole le village qui est en ébullition. Lila, paniquée, part se réfugier chez Steve et se métamorphose en jeune fille… mais elle n’a qu’une idée en tête : venger ses compagnons abattus en tuant tous les malfaiteurs de la triade.
9°) Kite, Andersen Press, 1998
Kite, Puffin, 1999
Le voleur de rapaces 9, Pocket jeunesse, coll. Romans contes n°590, 2000
Début des années 1960… Robert Harris est un riche propriétaire terrien en Angleterre. Jack Mase, son garde-chasse, a pour mission de réguler la vie animale. Thomas, le fils de jack est un passionné des rapaces, une espèce protégée. Thomas connaît bien le métier de son père et l’aide chaque fois qu’il le peut. Il collectionne les œufs de rapaces. Un jour, il découvre un couple de milans royaux sur les terres de Robert Harris. Thomas en rêvait : les milans ont fait leur nid tout près de chez lui. Pour Thomas, c’est une chance unique de compléter sa collection d’œufs. Mais le milan royal est une espèce protégée : il est interdit de voler ses œufs. Le seul problème, c’est que son père jack, a ordre de tirer sur les rapaces pour protéger les faisans. Thomas, accompagné d’un copain, feront la couvée du couple, en dépit du travail que doit effectuer son père.
Protection de la nature, et de l’environnement, de l’espèce animale. Les relations père / fils.
10°)The copper treasure, A &C Black, 1998
Un trésor dans la tamise 10, Hachette jeunesse, junior n°713, 2000
Londres, 1850. Jamie, Dix tonnes et Davies sont orphelins et sans logis. Pour survivre et se nourrir, ils fouillent la vase de la tamise pour trouver un quelconque matériau ( cuivre, charbon, etc… ) qu’ils pourraient revendre pour leur rapporter un peu d’argent. Mais ils ne fouillent pas seulement la vase de la tamise, ils chapardent tout ce qu’ils peuvent sur les bateaux à quai. Un jour, une gigantesque plaque de cuivre, tombe d’un navire et s’engloutit dans la vase, au fond de l’eau. En apercevant cela, Tous trois pensent à la fortune que cette plaque de cuivre pourrait leur assurer. Mais comment extraire ce lourd trésor hors de l’eau ? Dis-tonnes, le petit malin de la bande a une bonne idée, un excellent stratagème, mais cela semble être très dangereux… l’un mourra, mais les deux autres, en mémoire à leur ami, embarqueront sur un voilier pour apprendre le métier de matelot comme ils avaient promis.
Londres miséreux de la fin du XIX
Romans d’aventures dans la tradition de Dickens
11°) Bloodtide, Andersen Press, 1999
Bloodtide, Penguin, 2001
Rouge Sang 11, Gallimard jeunesse, 2002
XXII siècle, Londres. La ville est apocalyptique et murée. Univers peuplé d’humains miséreux où richesse et confort sont réservés exclusivement aux dirigeants. La survie des pauvres gens n’a guère d’importance aux yeux de leurs chefs. Autour des remparts, vivent les " Halfmen " ou mi-hommes, individus conçus artificiellement par manipulation génétique, mais faits de chair et d’os. Ils sont des composites d’humains et d’animaux. Deux gangs humains et rivaux contrôlent Londres depuis des années et se livrent une guerre sans merci pour la domination du même territoire : Val Volson et ses enfants contre Conor. Las de cette guerre qui détruit tout, Val Volson désire faire alliance avec Conor et lui offre en mariage sa fille, Signy, âgée 14 ans. Elle refuse dans un premier temps, mais finit par tomber amoureuse du jeune guerrier Conor. Mais Conor ne fait aucune différence entre la haine et l’amour. C’est un fou sanguinaire. Signy a un frère jumeau Siggy, qui se méfie de Conor et ne croit pas en sa bonne foi et au respect du traité qu’ils ont signé avec lui. Conor tendra une embuscade où tous les membres de la famille des Volson mourront excepté Siggy qui en réchappera. Signy est désormais traitée comme une prisonnière, enfermée à double tour dans un vieux château d’eau transformé en donjon. Signy, se voyant trahie par Conor décidera de se venger de façon irrémédiable. Conor, pendant ce temps, concrétise son pouvoir tyrannique : Despotisme, élimination des vivants au nom de la race humaine, eugénisme, paranoïa, exécutions des partisans accusés de trahison, etc… Signy tombe enceinte de son frère et clône l’enfant. Le clône deviendra une machine de guerre, dont le seul but est d’abattre Conor. De l’autre côté, la résistance s’organise. Siggy rejoint les mi-hommes et leurs chefs. Conor subit de nombreuses défaites, la résistance avance. Conor sera assassiné par Signy, qui voudra ensuite tuer son frère Siggy. Mais le clône Styr sauvera son père et tuera sa mère.
Rouge sang s’inspire de la première partie de la saga islandaise " Icelandic Volsunga saga " parue au XIII siècle.
Soumission chez l’homme ? Rébellion chez l’homme ? Quelle influence a le pouvoir sur lui ?
12°) The old bag, Barrington Stoke, 1999
Ouvrage destiné exclusivement aux adultes…
The birdman, Andersen Press, 2000
13°) L’homme aux oiseaux 12, Gallimard jeunesse, coll. Album, 2000
Dans un monde peuplé de saltimbanques et d’autres personnages, entouré dans un paysage méditerranéen, et une ambiance carnavalesque, un étrange marchand, vend des oiseaux sauvages en cage. Ivan est triste de voir ces oiseaux enfermés et décide d’en acheter un pour ensuite le libérer. Le rouge gorge chante si bien que Ivan a du mal à s’en détacher et tarde à le libérer de sa cage. Mais l’oiseau est sur le point de mourir ; l’homme aux oiseaux revient et transforme Ivan en oiseau.
Thème de la liberté et de la conscience, de la.
Tentation et du choix.
Conte moral mis en image par Ruth Brown.
14°) The ghost behind the wall, Andersen Press, 2000
The ghost behind the wall, Puffin, 2002
Le fantôme de l’immeuble13, Gallimard jeunesse, coll. Folio junior n°1168, 2001
David, douze ans, habite un immeuble avec son père. Le départ de sa mère à l’étranger et un père qui ne cesse de travailler et n’a pas de temps à consacrer à son fils font que David se sent seul, et s’ennuie. Puis un jour, David a une idée : se faufiler dans les conduits d’aération. Découvrant alors d’autres appartements que le sien, il reste perplexe face à celui de Monsieur Alverston, un vieillard devenant sénile. David décide de lui faire peur en hurlant dans les tuyaux, sachant qu’il a lui-même une peur bleue de ce vieillard. Mais soudain, apparaît le visage d’un petit garçon. Est-ce un fantôme ? Quelques jours plus tard, le vieillard est terriblement perturbé : on vient de saccager son appartement. Monsieur Alverston est rapidement conduit à l’hôpital. David est accusé d’être l’auteur du saccage, mais le vieillard le défend et ne l’innocente. Ainsi naît une amitié forte entre le vieil homme et l’enfant.
Relations difficiles entre générations.
Ouverture d’esprit vers les autres.
15°) Billy Elliot, the chicken house, 2001
Billy Elliot, Heinemann Educational Books, 2002
Billy Elliot 14, Gallimard jeunesse, coll. Folio junior n°1158, 2001
Grande Bretagne, 1984. Billy Elliot habite une petite ville minière. Il n’est pas comme toute sa famille, boxeurs de père en fils, ou bien mineurs de fond… A cela, Billy ne voit aucun attrait. Il est par contre fasciné par la danse et veut devenir danseur professionnel. Dans une société très masculine, ou la virilité n’est accordée qu’aux hommes, et la féminité qu’aux femmes, Billy va devoir se battre pour réaliser son rêve. Lors d’un combat de boxe, Mademoiselle Wilkinson remarque que le jeune garçon esquisse des pas de danse. Elle décidera alors de le faire travailler et réussira à le faire entrer dans une compagnie de danse en tant qu’élève.
Milieu défavorisé.
L’image des hommes dans nos sociétés occidentales.
Les préjugés.
Le choix.
16°) Lady, my life is a bitch, Andersen Press, 2001
Lady, my life is the bitch, Penguin, 2003
Lady, ma vie de chienne 15, Gallimard jeunesse, coll. Scripto, 2002
Roman à partir de 15 ans
17°) Doing it, Andersen Press, 2003
Pas de publication en France à ce jour.
18°) Robbers on the road, A & C Black, 2003
Pas de publication en France à ce jour.
C) Présentation détaillée des deux ouvrages :
Junk
et
Lady, ma vie de chienne
1°) JUNK
Junk : en anglais, l’héroïne, la came mais aussi tout ce qui n’a plus aucune valeur à nos yeux et dont on désire se débarrasser… détritus, ordures. Voilà toute l’étymologie du mot…
Le premier chapitre possède un point de vue classique, relativement neutre, puisqu’ aucun des personnages ne prend la parole. Le narrateur pose le décor : Gemma et Nico ont tous deux quatorze ans ( Nico alias David de son véritable nom, mais Gemma l’a surnommé ainsi parce qu’il veut qu’elle arrête de fumer… nicotine… Nico ), et habitent Minely-sur-mer, non loin de la grande ville de Bristol.
Dés le second chapitre, le point de vue interne de Gemma se traduit en véritable plaidoirie : nous la découvrons, s’ennuyant à mourir dans son village et n’ayant pas froid aux yeux. Adolescente téméraire rêvant de liberté et de grandes chevauchées fantastiques, elle trouve ses parents " Vraiment nuls ". Gemma est forcément en conflit avec ses parents : il faut dire qu’ils sont assez maladroits… Au lieu de tenter de la comprendre, ils campent sur leurs positions et n’en démordent pas. Trop de respect des règles et d’interdictions sans cesse répétées : " Privée de sortie en semaine. Inspection des devoirs tous les soirs. Privilèges suspendus ( quel privilège ? Respirer ? Utiliser la salle de bain ?) Nico interdit. Les copains de Nico interdits. Vendredi et samedi soir, retour à la maison à vingt et une heures. " 16 Cela conduit Gemma à l’énervement, aux pleurs et aux fugues… Incompréhension totale, impossibilité de communiquer même si elle a des parents tout à fait normaux, qui n’ont rien à voir avec les parents de Nico, cela n’empêche pas… A propos de sa mère, Gemma dit ceci : " Mon père n’était donc que l’instrument du petit manège parental. En fait, ma mère l’avait envoyé pour me sonner les cloches. Amadouer mon père avait été facile, mais quand ma mère s’est pointée… " 17 Elle reproche donc à sa mère de ne pas être franche avec elle. Elle reproche également à son père de ne pas avoir assez de caractère face à cette mère autoritaire. Mais ce qu’elle ne supporte pas par-dessus tout, c’est qu’ils ne lui fassent pas entièrement confiance : " Tu t’imagines qu’on ne peut pas me faire confiance, alors que justement j’ai tout fait pour… pour… ouin ! ouin ! Ouin ! "18 Dit-elle à sa mère à propos de Nico et d’elle. Gemma n’avait pas voulu coucher avec lui par respect pour ses parents… Les interdictions continuent de pleuvoir y compris en ce qui concerne son petit job chez tante Joan, dont Gemma était la serveuse. Gemma aurait aimé qu’ils lui fassent confiance, mais c’est peine perdue. Au final et pour clôturer le contexte familial de Gemma, la dernière parole de sa mère sera : " […] Je n’aime pas te traiter comme une enfant. Montre-nous que tu es capable d’obéir à quelques règles simples et nous pourrons reprendre une vie de famille normale. Tu auras à nouveau un petit job et tu sortiras le week-end. Nous avons seulement besoin de te savoir un minimum responsable. C’est tout ce que nous exigeons de toi. "19 Mais Gemma a t-elle mérité de tels discours ? A t-elle fait quelque chose de si grave que ça ? N’a t-elle pas refusé de coucher avec son petit ami pour la première fois, par respect pour ses parents ? Est-il si criminel que de vouloir s’amuser avec la bande de la plage ? Gemma décide alors de fuguer et établit le guide pratique de la fugue.
Le contexte familial de Nico est beaucoup plus dramatique : Des parents qui ne s’entendent plus… une mère alcoolique et un père violent. Si Nico décide de quitter le domicile familial, c’est par sécurité. Il ne peut plus supporter les incessantes disputes de ses parents qui finissent toujours de la même façon : Le père de Nico finit par s’en prendre à lui. Il le frappe de plus en plus. Sa mère ne travaille pas : toute la journée, elle boit et boit à ne plus tenir debout… Nico fait en sorte de louper l’école et rentre ainsi plutôt à la maison. Il se met à exécuter toutes les tâches ménagères que sa mère était sensée faire dans la journée… Nico ne le fait que pour protéger sa mère : " Le problème, c’est que depuis que je faisais son boulot, elle ne se souciait plus de rien. Au début, je l’aidais, c’est tout. Mais par la suite, à mon retour de l’école, je la retrouvais saoule, affalée sur le canapé, à côté de la pile de linge à repasser par exemple, et elle me suppliait de faire son travail à sa place, parce que papa avait besoin de ses chemises et qu’il serait furieux si elles n’étaient pas prêtes. Ca ne me dérangeait pas de le faire, mais je savais qu’elle m’exploitait. […] mais dés qu’on était entre nous, elle ne levait plus le petit doigt. "21 Il fait croire ainsi à son père que sa mère a fait sa part de travail. Ainsi, elle a moins de chance de se faire taper dessus. Mais cela ne marche pas à tous les coups : son père n’est pas dupe… il s’en prend alors à Nico. Sa mère est tellement saoule pendant ce temps là, qu’elle n’a conscience de rien… ou presque rien. Nico ne supporte plus cette situation malsaine. De plus, sa mère le menace en lui expliquant que s’il part, c’est elle qu’il va taper… cela fait des années que cela dure et Gemma fait tout ce qu’elle peut pour lui donner le courage de fuir cet enfer… bonne idée. Mais à quatorze ans ? Que va t-il devenir, seul et sans ressources ? Nico décide de fuir cette infamie et de laisser sa mère se débrouiller seule avec son père. Il ne veut plus lui servir de bouclier : qu’elle se débrouille ! Le sentiment de culpabilité envahit malgré tout le cœur de Nico. Elle profite trop souvent de lui. Il doit se protéger,
Nico fugue et s’en va vers Bristol. Fauché, il vit quelques jours comme un clochard, avec des cartons en guise d’abris. Il Rencontre alors Joe Scholl alias Skolly, qui tient un tabac. C’est un homme très généreux, n’hésitant pas à dépanner les personnes qui n’ont pas assez d’argent pour le payer.
Gemma doit rejoindre Nico dans les jours qui viennent. Skolly lui propose de repasser au tabac à six heures pile : il lui aura peut-être trouvé un endroit plus agréable pour dormir.
C’est alors que Nico rencontre Richard, un anarchiste qui à côté de son job, passe le reste de son temps à ouvrir des squats pour des ados en galère, car en rupture avec leurs parents. Celui-ci supervise le plus souvent des mineurs et l’organisation des squats, une sorte d’autogestion. Richard place Nico dans une propriété privée avec Vonny et Jerry, deux jeunes adultes. Vonny est le garde fou : rationaliste, sérieuse et réaliste, elle comprend la décision de Nico d’avoir quitté ses parents mais ne comprend pas la fugue de Gemma : " Moi aussi, je me disputais avec mes parents. Mais je ne suis pas partie de chez moi pour autant. "20
Ils accepteront cependant que Gemma vienne, mais Vonny campera sur ses positions. Gemma ne devrait pas quitter ses parents, il n’y a rien de grave pour justifier sa fugue. Vonny lui conseille de téléphoner à ses parents pour les rassurer mais Nico ne se sent pas encore capable de les entendre. Vonny insiste. Nico appelle et c’est la catastrophe : sa mère le fait culpabiliser : " Tu n’aurais pas dû m’abandonner, David, tu le sais, n’est-ce pas ? "21 et renchérir par un " […] Comment as-tu osé… ? "22 Nico est déchiré, il ne peut pas laisser sa mère dans cet état là… la culpabilité fonctionne. Heureusement, quand il revient au squat, tout le monde lui conseille de ne pas céder et de ne surtout pas rentrer chez lui.
Dans le chapitre six, Gemma fait preuve d’une extrême lucidité face au monde des adultes : elle n’est pas aussi naïve que Nico. Elle a certes énormément de défauts mais on ne peut cependant pas dénier sa clairvoyance en matière de psychologie des adultes. Avec Gemma, leur cinéma, ça ne marche pas. Elle a un point de vue tout à fait lucide sur le comportement de la mère de Nico et les relations malsaines que cette mère étouffante et incestueuse nourrit avec son propre fils. On sent un caractère très fort avec une grande détermination. Nico, lui, est trop affaibli par ses problèmes familiaux. c’est en ce sens là, que Vonny comprend Nico mais ne cautionne pas la fugue de Gemma.
Gemma arrive à Bristol en Bus. Nico est là. Ensemble, ils vont au squat. Ils vont apprendre à vivre en groupe, avec des règles et une organisation comme dans une grande famille. On leur accorde beaucoup de libertés, mais ils doivent néanmoins participer aux tâches ménagères,… Ils découvrent ensemble de nouvelles musiques, de nouvelles fringues, un nouveau look et un nouveau style de vie : L’Underground… La bande de Vonny ne prend que des drogues douces telles que l’herbe. Ils boivent également de l’alcool comme tout bon vivant qui se respecte. La seule chose immorale que ces jeunes gens se permettent, c’est en ce qui concerne les banques : " En arrivant à la Barclays, on a sorti la colle. C’est facile : on glisse le tube dans la serrure et on y dépose quelques gouttes. Le lendemain matin, ils sont tous dehors, et l’argent dedans. Et ils sont pas contents. "23 Ils signent alors " Vous êtes coincés dehors : merci la super glue " ou bien " Le collectif des anarchistes de Bristol vous invite à retourner au lit, bonne journée ! ". C’est ennuyeux mais rien de très grave.
Vonny et Gemma, ce n’est pas le grand amour, mais elles cohabitent tout de même ensemble. Ce que Gemma ne supporte pas, ce sont les paroles moralistes incessantes de Vonny à son égard. Forcément, avec Gemma, cela ne peut pas passer : elle est si sûre d’elle, si orgueilleuse et égoïste… elle ne pense qu’à elle, qu’à ses petits plaisirs personnels, en somme qu’à sa liberté.
Mais tout se passe relativement bien, jusqu’au jour où Jerry et Vonny décident de pendre la crémaillère de la demeure. Richard décide d’inviter des adolescents de l’âge de Gemma et de Nico pour la petite fête. Quand Vonny apprend que ce sont les deux mômes de City road, c’est la catastrophe : Vonny est certaine qu’ils prennent de l’héroïne. 24
Chapitre 10 : point de vue interne de Gemma : la descente aux enfers
La soirée commence et Gemma aperçoit ce couple étrange et surtout cette fille qui la fascine, tant dans son comportement avec les autres, que dans ses fringues : " Tout le monde la regardait, mais pas uniquement parce qu’elle était presque nue. Elle avait du pouvoir. […] elle était le centre d’attraction "25 Gemma et Nico font ainsi la connaissance de Lily et de Rob, son petit ami. A la fin de la soirée, Lily lancera : " Putain, on se casse ! cet endroit est mortel ! "26 .
Ils partiront tous les trois… Rob, Lily et Gemma… sans Nico. Elle déménage chez eux, à City road. Gemma en a marre des morales incessantes de Vonny. Nico ne comprend pas ce qui s’est passé : il se sentait bien avec Vonny et Jerry…
Gemma se met à fumer de l’héroïne ainsi que Nico. Depuis peu, il les a rejoint à City road. Puis, ils se cament avec tous les autres, ensemble. Gemma pense contrôler la situation : " Ca n’a pas été difficile de redescendre. Je peux recommencer demain, si je veux. Tant que c’est comme ça, je sais que je ne crains rien. "27
Ils deviennent agressifs et ne sortent plus excepté pour voler. Ils commencent à dealer de la drogue dure pour pouvoir en consommer. Ils font des braquages, ils fouillent les bennes à ordures.
Ils se font de nouveaux amis : Col et Sal…
La dépendance se fait de plus en plus rude : Gemma commence à paniquer et à comprendre ce qui lui arrive. Elle est en manque comme les autres. Ils n’ont plus d’argent depuis des jours, voire une semaine… Et puis, Lily disparaît… elle part faire le trottoir : " J’ai fait la pute pendant une demi-heure. "28
Provocatrice, Gemma n’hésite pas à vanter les mérites de la prostitution à Vonny et Jerry, impuissants devant tant de hargne. Vonny réplique à Gemma : " Tout le monde se croit plus fort que l’héroïne, c’est un des effets de la drogue, mais vous allez tous en mourir. "29
Richard, de son côté, tente de tirer Nico de ce pétrin et lui propose de partir en voyage avec lui en Asie du Sud-est, mais Nico refuse.
Nouvelle rencontre avec Alan et Helen : deux junkies. Peu de temps après, ils découvrent leurs corps : overdose.
Rencontre avec Sally, jeune junkie, soigneuse et ordonnée dans ses prises d’héroïne.
Lily tombe enceinte. Rob et Lily sont ceux qui se shootent le plus… de vrais fous furieux. A l’annonce de la nouvelle, ils décident tous ensemble d’arrêter l’héroïne : peine perdue… quand c’est pas l’un, c’est l’autre qui craque et vice versa. Ils retombent tous dedans.
Chapitre 23 : descente de flics à l’appartement. Nico se fait coincer et part en cure de désintoxication tandis que Gemma, elle, court toujours dans la nature. Pendant la cure de Nico, Gemma continue à voir toute la bande de junkies, mais tente d’être clean, ce qui n’est pas évident…
Nico sort de la cure et rejoint Gemma et les autres… Nico craque et en reprend dés sa sortie.
Puis, Nico reprend contact avec Richard qui est revenu de son voyage et lui demande s’il peut venir passer quelques jours chez lui. Nico est pris en charge par Richard et sa compagne Sandra. Ils vont l’entourer, lui parler, l’écouter, ne pas céder. Mais ils ont comprit que cela ne servirait à rien de le retenir s’il veut repartir à Bristol pour prendre de la drogue dure. Ils le laissent donc partir tout en lui clamant qu’il peut revenir chez eux quand il voudra, pour décrocher définitivement.
Retour à City road avec Rob et Lily et leur enfant Sunny.
Gemma décide de prévenir la police et d’en finir avec tout ça : elle vient d’apprendre qu’elle est enceinte. Elle ne rentrera pas à City road, ce soir là.
Chapitre 27 : point de vue interne de Vonny.
Gemma part se réfugier chez Vonny qui habite désormais un appartement et à la faculté. Vonny a aujourd’hui 24 ans et gemma en a 18. Vonny s’étonne : " Elle a dix huit ans, j’en ai vingt-quatre, mais elle a l’air d’avoir le double de mon âge. Elle a connu la drogue, elle a connu l’amour, elle a couché avec des dizaines de types, elle est enceinte. Alors qu’elle n’avait que dix-huit ans, j’avais l’impression d’entendre une très vieille femme me raconter ses souvenirs de jeunesse. "30 Vonny décide de prévenir les parents de Gemma, même si celle-ci a honte et qu’elle ne désire pas que ses propres parents la voient dans un tel état.
Les parents sont en route vers l’hôpital… retrouvailles. Gemma retourne chez ses parents. Nico part en prison.
Puis, dés sa sortie, il rejoint Gemma et sa fille Oona à Minely-sur-mer.
Mais Gemma se rend vite compte qu’elle n’est plus amoureuse de Nico. Elle ne supporte plus qu’il la touche. Nico retrouve un père au chômage et une mère toujours alcoolique. Ses parents ne sont plus ensembles. Nico n’est plus avec Gemma mais il continue à voir sa fille et à rendre visite à son père.
Nico semble heureux avec Carol. Il reprend les études et passe son baccalauréat.
2°) Lady, ma vie de chienne
Sandra a 17 ans. Elle flâne avec Michelle, Dobby et Wayne dans les rues de Manchester. Sandra est une jeune fille pas comme il faut : une sexualité débordante : " Je pourrais remettre ça encore et encore jusqu’à la fin de ma vie. Pourtant, ça n’était pas mon premier mec, ni même le premier du mois. En fait, vu comment j’étais à l’époque, il aurait vraiment eu du bol d’être le premier de la semaine. "31 Elle ne pense qu’à s’amuser. elle est désinvolte, libérée et dandy : " Je ne faisais que des conneries. "32, " ces derniers temps, je faisais n’importe quoi. "33
Sandra possède un narcissisme affirmé, un vocabulaire osé et produit des effets manifestes sur tous les hommes qui croisent son passage, qu’ils soient jeunes ou vieux : " Il y avait beaucoup de garçons ces derniers temps. Tout le monde l’avait dit. Annie, ma meilleure amie, l’avait dit, ma mère l’avait dit, ma sœur Julie aussi : tous ces garçons ! Je les voulais tous ! "34
Wayne et Sandra ont envie l’un de l’autre et décident de fausser compagnie aux copains pour se trouver un endroit plus discret. Dans un parking, ils se caressent jusqu’à ce que Sandra doute et renonce : "Je me suis dégagée de son étreinte et je suis partie en courant. Je riais, je me retournais pour le regarder, et c’est comme ça que j’ai percuté le clodo. "35
C’est à ce moment là, que tout va basculer : le clochard se permet de toucher la hanche de Sandra, Wayne s’en mêle, Sandra également et la canette de bière du clochard valse dans les airs, pour se retrouver dans le caniveau. Le clochard furieux insulte Sandra de tous les noms d’oiseaux et même de " Chienne " ! Il est enragé et Sandra prend peur. Elle pique un sprint vers le commissariat mais celui-ci est fermé. Elle s’époumone, demande aux gens de l’aider mais personne ne vient à son secours. Les badauds se contentent de regarder la scène. Elle se réfugie dans les poubelles, derrière un snack : " Je me suis jetée dans les poubelles et j’ai atterri à quatre pattes. "36 " Espèce de petite chienne ! " Crie le clochard excédé… mais c ‘est déjà trop tard : elle est devenue une chienne.
Sandra s’enfuit vers sa maison, histoire de trouver un peu de réconfort après cette rude épreuve. Mais elle ne comprend pas que sa mère hurle au chien fou et que tout le monde se montre terrorisé lorsqu ’elle fait irruption dans la maison familiale. C’est que Sandra ne s’est pas encore vue… elle n’a pas encore prit conscience de sa métamorphose. Elle court dans sa chambre et se regarde dans le miroir : cette chienne, mais c’est elle !
Tel est donc le pouvoir maléfique de Terry, L’alcoolique clochard. Il a le pouvoir de transformer les êtres humains en chiens dés qu’il rentre dans une colère monstre.
Très vite, elle réalise qu’elle doit fuir cette maison car sa mère veut prévenir la fourrière. Sandra part et trouve refuge dans une cabane abandonnée où elle se repose. Elle déprime : sa mère ne l’aime pas, elle a une préférence pour sa sœur, son père est partit aux Etats Unis à cause d’elle ( croit-elle ! ), son petit frère Adam, ne comprend rien à rien. Il n’y a que sa sœur aînée Julie, qui partage parfois une certaine complicité avec elle.
Puis, deux chiens arrivent, Bobby et Mitsch. Ils réalisent ce qu’il vient de se passer. Eux aussi ont été métamorphosés en chien, par ce satané Terry de malheur… ils décident de la mettre au courant quant au passé de ce clochard : " Dés qu’il fréquente quelqu’un, bing ! il le métamorphose en chien. C’est vraiment gênant pour établir des contacts durables. "37 Ils lui expliquent également qu’il a commencé par métamorphoser toute sa famille et ses parents adoptifs.
Ils entament ensuite une discussion à trois, sur le fait d’être devenu des chiens. A bien y regarder, ils ne sont pas vraiment sur la même longueur d’onde.
Bobby est pleinement satisfait de sa vie de chien. L’instinct, les odeurs et la liberté : voilà ce que Bobby aime. Il ne regrette pas sa vie passée : " Je n’ai jamais voulu être humain, sauf que personne ne m’a demandé mon avis.[…] Avoir un corps humain, pour moi, c’est comme vivre en prison. […] on se marie, on a un boulot, des enfants et puis on meurt. "38
A l’inverse, Mitsch regrette sa vie passée : " Je ne parviens pas à oublier mon ancienne vie. Si je pouvais faire table rase du passé, peut-être que je serais heureux, mais j’en suis incapable. J’avais une femme et deux enfants adorables. Ma famille représentait tout pour moi. […] j’avais un boulot. J’étais professeur, chef de département. J’étais respecté ! "39 On comprend que Mitsch veuille redevenir un homme.
Mais ils n’ont plus le choix et il n’est pas sûr que Terry, le clochard, puisse leur rendre leur apparence humaine. Sandra ne peut pas croire qu’elle devra garder à jamais cette apparence animale. Elle ne peut se résigner.
Elle quitte ses deux amis chiens et court rejoindre Terry, dans l’espoir qui le métamorphosera en jeune fille. Elle compte se faire apprécier en se rendant docile et aimable. A l’issue de cette amitié, peut-être lui rendra t-il son apparence de jeune fille ? Terry la reconnaît, se souvient d’elle. Sandra lui pardonne et l’accompagne quand il fait la manche : elle joue le jeu jusqu’au bout, n’hésitant pas à faire tous les numéros qu’il lui demande, afin de ramasser plus d’argent.
Mais, par moment, elle craque, elle retourne avec les chiens : elle s’enivre de liberté, s’offre des ébats amoureux dans les cimetières des villes, chasse les chats, tue les lapins…
Puis, elle revient auprès de Terry, ce qui démontre bien qu’elle ne se satisfait pas totalement de sa vie animale et qu’elle regrette tout de même la jeune fille qu’elle était. Lady décide de retourner chez elle.
Une chose la rassure et la conforte. Petit à petit, sa mémoire revient, elle se souvient : " J’avais retrouvé la mémoire. Au fond de moi, j’étais toujours humaine. "40 Une autre surprise l’attend : son père est revenu des Etats-Unis. Il est revenu pour elle, pour qu’elle revienne.
Elle entre dans la maison et se glisse dans sa chambre. Désormais, elle n’a pas le choix, il faut qu’elle leur prouve qu’elle est bien Sandra Francy. Sa mère commence à croire que cette chienne est bien sa fille mais le reste de la famille est perplexe face à la situation. Le père pense que sa femme fait un transfert. La grande sœur n’y croit pas du tout. Finalement, toute la famille se concerte et pense que ce n’est pas Sandra.
Vexée, lady monte dans sa chambre et déchire toutes ses affaires. Choquée, la famille appelle les policiers pour qu’ils sortent Lady de la maison. Sandra réfléchira longtemps avant de décider de son choix : elle restera une chienne puisqu’il en est ainsi. Après tout, sa famille ne l’a pas accepté telle qu’elle était : jeune, affriolante, coquine, dévergondée, gamine, irresponsable et désinvolte. Elle choisira donc le monde des animaux où les chiens sont les rois. On ne pourra cependant pas lui reprocher d’avoir essayé de retourner dans sa famille…
A l’appel de Mitsch et de Bobby, elle ne pourra pas résister : " Je ne voulais pas vieillir, je ne voulais pas travailler. Je ne voulais pas être responsable. Je voulais être un chien ! "41
II Melvin Burgess et la Littérature pour Jeunes Adultes : où en est-on ?
A/ Junk et Lady : Miroir des aspirations Du " Peuple Adolescent " d’aujourd’hui
Depuis trop longtemps, l’adolescence est représentée " Comme une période de crise individuelle, de conflit, de tension. Ainsi, cet âge de la vie renvoie-t-elle naturellement à une identité négative et problématique. "42
Les bouleversements physiques et psychiques que provoque cette longue période sont devenus des banalités dans l’opinion publique : la puberté, tout le monde l’appelle également : " l’Age Ingrat "…
Michel Fize, Sociologue au CNRS, défend cependant le point de vue sociologique de la place des adolescents dans nos sociétés occidentales actuelles. Y a-t-il réellement une vraie place pour ces jeunes ? Le monde des adultes leur permet-il de s’épanouir ?
Selon Michel Fize, " Cette prétendue crise ( de l’adolescence ), n’est qu’une invention sociale pour camoufler les rapports de domination de la classe adulte sur la jeune génération. […] Désordres aux noms connus : chômage, précarité, déchirure du lien social […] projette l’adolescent dans les situations les plus extrêmes. Délinquance, violences, toxicomanies, suicides, peuplent le monde de nos adolescents de fin de siècle. "43
Des ouvrages comme " Junk " et " Lady, ma vie de chienne ", nous projettent directement dans cette société décrite et traduite d’un point de vue sociologique par Michel Fize.
Les relations parents / adolescents :
Il est intéressant d’observer que dans ces deux ouvrages, Les personnages de Sandra et de Gemma n’arrivent pas à communiquer avec leurs parents. Elles se heurtent toutes deux à des interdictions à des punitions qui n’en finissent pas. Elles ne sont pas acceptées telles qu’elles sont. Ce qu’aimeraient leurs parents, c’est qu’elles soient responsables et qu’elles deviennent enfin, des adultes. Mais comment devenir Adulte alors que L’éducation actuelle ne permet pas à un adolescent de décider et d’assumer lui-même sa propre vie ? A ce propos, Michel Fize dit ceci : " En réalité, le passage de l’enfance à l’adolescence, dans nos sociétés occidentales, est d’abord et avant tout le passage d’un état de reconnaissance et de valorisations sociales à un état de méfiance et de rejet collectif. De l’enfant-roi, en somme, magnifié, adulé, à l’adolescent - valet, qui gêne, déroute, inquiète, revendique. "44 Les apprentis adultes tâtonnent, trébuchent, vacillent parfois… N’est-ce pas le propre du passage transitionnel entre l’enfance et l’âge adulte ?
Dans les deux ouvrages de Melvin Burgess, l’adolescent représenté tente de s’affirmer face aux adultes. De fait, les parents ne savent plus quel rôle jouer, ni comment s’y prendre pour communiquer, avec ces jeunes.
Les adolescents comme Gemma, Sandra, et Nico se créent leur propre univers, leur propre vie. Ils se construisent un réseau d’amis, sortent en bande, comme le font les adultes. C’est le balbutiement des futures soirées entre adultes. Ecoutons plutôt Michel Fize : " Il devient une personne et cette personne s’affirme. […] Tout ceci provoque un profond malaise chez les parents. Il y a, en effet, en cet instant, une divergence profonde avec les enfants sur le sens même du mot " éduquer ". A l’habitude parentale de voir dans l’acte éducatif un acte d’imposition de normes, de règles, de principes s’oppose alors l’attitude adolescente qui vient, au contraire, rappeler que cet acte est d’abord celui de la fondation de l’autonomie, un acte de respect. La crise de l’adolescence naît de cette contradiction génératrice de tensions, de désaccords. Les enfants signifient à leurs parents qu’ils ne sont plus tout-puissants. "45
Gemma est un personnage très intéressant dans le sens où elle n’est pas dupe et ne supporte pas les manipulations volontaires de ses parents. Le chantage la met hors d’elle : elle les trouve puérils. Elle aurait souhaité un parler franc avec des parents qui lui font confiance. Quand on s’aperçoit que ses parents ne croient pas à l’histoire de Nico qui se fait taper régulièrement dessus par son père… on peut comprendre Gemma… ses parents pensent plutôt que c’est un prétexte pour passer plus de temps avec lui. On peut alors comprendre la rage de Gemma. Elle aurait sans doute aimé des parents plus adultes, plus forts : " S’opposer à ces interdits lui est aussi nécessaire que le boire et le manger. Il a besoin d’adultes forts qui acceptent cette opposition, de parents qui tiennent leur place de parents, guidant, conseillant, rassurant, ni juges ni copains. Le désespèrent les fausses complicités, […] "46
La sexualité :
Tous les adolescents ne se ressemblent pas :
Sandra, dans " Lady, ma vie de chienne " multiplie ses partenaires en une semaine. Mais, c’est une exception. Il est de plus bien spécifié dans le roman, que son père vient de partir vivre aux Etats Unis et qu’elle culpabilise atrocement. On peut donc expliquer cette désinvolture par cette angoisse du père absent.
Dans "Junk", Gemma, qui a beau être une adolescente qui goûte à tout sur son passage, sera et restera fidèle à Nico, et ce, en dépit de ce qu’elle affirme elle-même. Gemma n’a pas une sexualité débridée, elle est romantique. Michel Fize trouve une fois de plus les bons termes : " Le fait constaté précédemment de premières relations souvent instables, avec multiplication de partenaires, ne suffit pas à fonder le mythe en question. On est surpris, au contraire, de constater à quel point les valeurs d’amour, de fidélité, sont prégnantes dans le discours des adolescents. […] ne manque d’étonner nombre d’adultes, élevés dans les principes — contraires — de la liberté sexuelle, de l’expérimentation avant mariage, de la " cohabitation juvénile " ".47
La drogue :
L’engrenage infernal de la drogue est fortement représenté dans "Junk". Gemma s’en sortira grâce à une enfance équilibrée. Elle est forte.
Nico s’en sortira également, mais beaucoup moins vite. Son enfance n’a pas été suffisamment stable. Dans une société sociale dégradée, une situation économique gorgée d'inactivité et de précarité, il n'est pas évident de s'en sortir : " Ainsi, l’engagement occasionnel ou régulier dans des pratiques toxicomaniaques apparaît-il comme une réponse à un mal-être dont la crise économique et morale est largement le déclencheur ou l’accélérateur. "48
Gemma et Nico vont être pris dans une spirale sans fin : quand les adolescents quittent la demeure familiale, ils doivent affirmer collectivement leurs différences avec leurs aînés. On leur demande une "exigence identificatoire". L’adolescent, comme on le voit dans " Junk ", doit prouver " En permanence la légitimité de son appartenance par une série de rituels : langagiers, vestimentaires, d’activités. Son rôle est alors moins sécurisant. Il impose, en effet, un strict conformisme en exerçant une pression constante sur l’individu pour l’amener à faire comme les autres. "49 Ils doivent donc à tout prix, prouver ce dont ils sont capables, la société actuelle ayant renoncé à lui offrir des occasions, l’adolescent sera donc seul face à lui-même. Il va tester ses limites et ses capacités de souffrance : " Aller au bout de soi-même, se dépasser, se prouver qu’on peut le faire. "50 L’adolescent vit donc en groupe, à ses propres rituels, ses symboliques et son imaginaire. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les adolescents ont de quoi s’inquiéter quant à leur avenir : " Inquiets de leur avenir professionnel, de leur devenir personnel et affectif. […] les plus jeunes à ne pas être considérés à leurs justes valeurs et compétences. Tous ont un sentiment d’abandon, pensent ne pouvoir compter que sur eux-mêmes pour s’en sortir. "51
Dans Junk, le personnage de Skolly qui tient un tabac à Bristol, semble être généreux et réaliste face aux problèmes économiques que peut rencontrer un individu, aujourd’hui. Il dépanne Nico, lui posera des questions sur sa vie et lui trouvera un logement.
Enfin, c’est parce qu’ils ne se sentent pas reconnus aux yeux du monde des adultes et qu’ils ne peuvent pas avoir une identité sociale propre, que les adolescents se rassemblent entre eux : " L’absence de rites d’initiation — lesquels ont pour fonction d’inscrire les individus dans une société donnée -, les reconnaissant ainsi membres de cette société, a pour effet de projeter les adolescents dans le doute, l’angoisse, parfois dans des conduites problématiques, drogue, suicide… "52
Instinct ou raison : être responsable ou pas ?
Le choix de Sandra reste terriblement controversé et fort heureusement… Lady alias Sandra, n’a sans doute pas fait le bon choix mais elle a préféré rejoindre une liberté totale, une liberté sans limite. La société tout entière lui en veut. Mais Sandra a fait ce choix et elle en a le droit. Elle refuse donc de vivre comme tout être humain et ne veut plus se poser de question quant à son avenir : avenir incertain avec un chômage qui véhicule un climat d’inutilité sociale. Mais, il n’y a pas que cela : Sandra doit être bonne partout, à l’école, avec ses amis, ses parents, son petit ami… elle refuse de vouloir se battre pour trouver sa place dans une société, où les dés sont déjà jetés : " Très tôt, l’élève est soumis, en effet, à une terrible pression dans ses études. Il doit réussir, coûte que coûte. La famille — au nom du devoir d’encouragement — rajoute souvent à cette pression ses propres angoisses d’échec. "53
Le comportement et la décision de Sandra, face à la société, sera durement jugé.
La fugue :
La fugue est toujours d’actualité. elle est en perpétuelle augmentation. On assiste aujourd’hui à un rajeunissement de l’âge des fugueurs et à une féminisation de la fugue. Dans Junk, tout comme dans Lady, les personnages font tous une fugue : Gemma, Sandra, Nico… Ils sont tous en rupture familiale. Certes, la fugue de Sandra n’est pas intentionnelle mais est-il vraiment nécessaire de justifier cette métamorphose en chienne errante ? Car cette métamorphose ne serait-elle pas le passage entre le monde réel et le monde imaginaire, dont rêve cette adolescente, qui ressemble, à tant d’autres ? Tout ce qu’elle n’a pas pu faire dans sa vie normale, elle le fait dans cette seconde peau, et il n’y aura personne pour le lui reprocher puisqu’elle est un chien !
Pour Nico et Gemma, c’est une véritable fugue qui se transformera en errance, cause de tous les dangers : mendicité, violence, clochardisation pour les uns, toxicomanies et prostitutions pour les autres…
B/ Analyse critique
1°) Junk :
Ecrire pour les adolescents est un phénomène récent, et aujourd’hui rares sont les livres, destinés aux jeunes qui parlent de drogue.
Cette thématique explosive est donc rarement abordée dans les livres de jeunesse car c’est sans doute " trop noir et trop déprimant " : voici les reproches fait à Monsieur Melvin Burgess, ce à quoi il répondra :" [..] Il vous faut des héros positifs et des guides moraux clairs ". Voilà ce que veulent la plupart des parents pour leurs adolescents… alors comment se fait-il que les livres de jeunesse correspondent de moins en moins aux aspirations des jeunes ?
Melvin Burgess pense que l’on peut écrire des romans comme celui-ci pour des adolescents à partir de quinze ans.
Junk fait partie des livres les plus novateurs : il y a eu " l’herbe bleue ", best seller mondial, " Flash " et " Moi, Christiane F, droguée, prostituée… ".
La grande différence, avec ce roman hors du commun est que ce n’est plus par le biais d’un journal intime comme dans " l’herbe bleue " ou dans " moi, Christiane F… " que le thème de la drogue est abordé, mais bien dans un roman.
Nous voici donc plongé dans le roman dur et dérangeant qu’est Junk…
Récit à plusieurs voix où chaque personnage s’exprime et prend la parole à la première personne. Chaque personnage apporte son point de vue, sa vision subjective sur les évènements de l’histoire. C’est une construction narrative très efficace : elle permet d’entrer de plein pied dans le monde du livre et elle permet également au lecteur d’avoir son propre point de vue sur le livre.
Lecture bouleversante mais nécessaire. Texte sans fioriture, ni détours… Roman d’apprentissage et de la difficulté d’être. Pas de moralisme, ni de prière : texte brut, mais qui n’est pas, comme ses prédécesseurs, un documentaire. C’est un livre qui parle de la vie et de l’espoir…
suite
Publié dans PORTRAITS ET INTERVIEWS | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
|
Facebook








Commentaires
merci, merci beaucoup. Je tenais a le dire,a melvin Burgess, félicitation pour son livre "junk". moi qui suis une jeune adolescente, j'ai lu ce livre . C'est mon preféré. J'ai beacoup aimé, et contrrairement a ce que peuvent dire certaines personnes, ce livre ne me donne aucune "mauvaise idée" au contraire... j'en suis bien dégouté, il m'a beaucoup fait réfléchir. Je les emprimté a une bibliothèque, mais je compte bien l'acheter! je l'ai lu étant a l'internat, je l'ai fait lire a ma meilleure amie, toutes 2 nous adorons lire! Elle l'a beaucoup aimé elle aussi! De plus nous nous sommes donné le surnom de coccinelle, ce que disait Gemma a Niko quand elle penser ne pas être encore amoureuse de lui, tandis que lui lui disait pissenlit pour lui dire je t'aime. Mon amie et moi avant pris ce mot comme un mot qui symbolisé peut etre plus que de l'amitier. voilà.
Ca me plairer bien de recevoir plus d'information ou quoi que se soit au sujet de ce livre "junk", sur mon adresse mail.je m'y interesse beaucoup beaucoup. en espérant peut être bientôt avoir des nouvelles...?!
Écrit par : anne | 07 janvier 2006
Je tenais à dire 1"coup de chapeau" à Melvin Burgess car on se reconnait trés b1 dns c romans!Je n'ai qu'une chose à dire MERCI BEAUCOUP pourle réalisme dans lequel nous vivont,nous adulescents!
Il est vrai que la société ne nous pardonne pas d'être"à la recherche de nous même",j'avoue que si j'avais le choix je deviendrais sans hésiter une chienne!
Notre vie est entiérrement controlée...s'est lourd à supporter au quotidien alors pour"échaper à la misére de notre monde"ben...on fume,bois,baise...!
Tout ce que l'on demande c'est un peu plus de compréhension et surtout moin de jugements avec un peu de valorisation...nan?!
En tout cas merci de comprendre si bien notre "fonctionnement"...
Écrit par : Sû Kaola | 14 février 2006
je dois dire que JUNK est le livre qui m'a le plus touché personnellement.
Il est très correspondant à nous, ados, et nous convient parfaitement. il fait rire, sourire, pleurer, un livre complet et complexe, quoi. Surement comme tout le monde, je me reconnais extremement dans les personnages, moi-même ancienne consommatrice. Ce livre m'a vraiment marquée et je ne l'oublierais jamais car vraiment, il est formidable, très attachants. Je l'ai lu, relu et re-relu et jusqu'à le connaitre par coeur. Le jour où je l'ai vu dans cette bibliothèque, je n'aurais jamais cru prendre un livre aussi interressant. Depuis, je l'ai acheté dans le plus beau des format car un bête livre de poche n'aurait pas suffit à une si belle hiqtoire. Merci Melvin, Merci de tout coeur
Écrit par : sophie | 06 novembre 2007
le cri du loup est super
Écrit par : alibaud | 13 avril 2010
Merci Rachel pour nous permettre de découvrir plus profondément cet auteur. Ton mémoire est très vivant et intéressant.
Bonne continuation !
Écrit par : Eric Siena | 30 août 2010
Merci à Monsieur Burgess pour tout son talent !
je viens de terminer son dernier ouvrage : nicholas dane
Un chef d'oeuvre, lu en 3 jours !
eme livres que je lis de lui et je reste toujours aussi seduite par son ecriture et ses histoire
Une jeune lectrice qui detestait la lecture du a sa dislexie et qui a 22 ans decouvre la maggie de la lecture grace a BUrgess
Merci
Écrit par : Fontaine | 13 septembre 2010
Écrire un commentaire
Vos commentaires seront publiés après validation par le modérateur, merci d'être patient !